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Hailey Baldwin : "Je n’ai pas respecté tous les conseils de la Bible"

Compagne de Justin Bieber et BFF de Bella, Gigi, Kendall ou Kylie, Hailey Baldwin n’est plus une simple célébrité Instagram issue de la fameuse fratrie, une gamine de la génération Z dont la substance se nourrit de selfies, de symboles de la paix et de red carpet. C’est une superstar.
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"À mon niveau, le pool de rencontre est serré, il est rare de trouver quelqu'un qui a les mêmes idées et la même morale que moi" disait en 2018 Hailey Baldwin à propos de Justin Bieber. Cinquante millions de filles et de garçons au monde ont rêvé d’épouser l’interprète de Sorry, Hailey l’aurait fait lors d’une cérémonie secrète en septembre dernier. Des yeux triangulaires sous des sourcils brésiliens, une bouche surdimensionnée, un casque d’or aux racines brunes et aux pointes pink, deux jambes fines comme des pattes de grue, une voix à la Kim Kardashian qu’une journaliste du Sunday Times, Scarlett Russell, définit ainsi: "Sucrée et traînante comme celle d’une fille de la San Fernando Valley, qui dit ‘slay’ pour ‘I love it’." La belle Hailey est triomphante. Le mariage n’est pas le couronnement de sa carrière mais peut-être son début.

 

Born again & super wake

Élevée dans la religion par un père devenu partisan de Donald Trump, Stephen Baldwin (Usual Suspects), le benjamin de la fratrie, et une mère brésilienne, Kennya, issue de la dynastie bossanovienne Deodato, elle a pratiqué le ballet classique pendant douze ans, ce qui lui donne de l’allure, une grâce physique et spirituelle indéniable.

Passionnée par la médecine, full nerd obsédée de livres de biologie et de sciences, elle aurait voulu jouer au docteur dans une autre vie. Elle plaide comme nous tous l’ADD (attention deficit disorder) pour justifier une scolarité chaotique. Un peu dissipée, Hailey se rattrape en appliquant la discipline de la danse classique à son emploi du temps professionnel de modèle. Sous contrat chez IMG, la même agence que Gigi et Bella Hadid, habituée des shows, elle a signé avec Tommy Hilfiger et elle est le visage de la ligne de T-shirts "Pop Tour" de Fendi. Elle vient aussi de faire un cameo dans Ocean’s 8. Elle rêve de cinéma, un rôle de James Bond Girl ou de Charlie’s Angel. Mais pas de Charlie Manson’s Angel, même chez Tarentino. Car, comme elle le précise dans une interview: "We’re not interested in the dark part of the world..." "We", ce sont les born again Christians, la mouvance à laquelle elle appartient avec son père Stephen et sa grande sœur Alaia.

Elle a fait partie de Hillsong, une église évangélique pour VIP fondée en 1983 en Australie: "Les gens voient la religion comme quelque chose d’effrayant s’ils ne savent pas de quoi il s’agit." Avant de conclure, respectueuse de la laïcité, qu’en fin de compte, "l’église n’est qu’un bâtiment". Même si elle déclare parler à ses parents tous les jours, sa proximité avec papa s’arrête avant les urnes. Donald donc, nous l’avons signalé plus haut, pour Stephen, Hillary pour Hailey qui n’hésite pas à répondre au président lorsqu’il attaque son oncle Alec : "And your spray tans are still orange. Sad." 

Hailey n’a pas froid aux yeux même si, comme on l’a vu sur la question de Dieu, elle manie à merveille la dialectique de la chèvre et du chou. Déclarant à propos du débat gluten/no gluten: “Je ne suis pas gluten free mais je ne mange jamais de pain car cela me fait dormir.” En conclure qu’Hailey ne souscrit à aucun fanatisme et respecte tous les acheteurs des produits dont elle est l’ambassadrice. Les fans de croissant au beurre, de baguette française et de bagel au fromage ne se sentent pas exclus par cette super wake. L’adolescente à peau rugueuse, elle, tombe en extase quand Hailey, dans un article beauty secret, déconseille carrément de presser ses points noirs. Ses videos beauté disponible sur YouTube sont d’ailleurs une excellente manière de la découvrir, elle, sa salle de bains, sa french manucure jaune pâle et sa radiante beauté intérieure.

"Je n’ai pas respecté tous les conseils de la Bible concernant l’alcool ou le sexe avant le mariage."
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Le sens des responsabilités

Cachez cette épaule que je ne saurais voir, a-t-on envie de lui dire lorsqu’elle révèle, avec l’air mutin d’une répliquante bien programmée, une marque de bronzage sous la bretelle de son caraco. Que les femmes voilées et les amazones de #MeToo se rassurent, Hailey n’aime pas trop le porno chic et l’allumage hétérocentré: "Tits out is not my thing" dit-elle, avant de préciser qu’elle ne posera jamais nue. Sous contrôle, Hailey ? Non, plus subtile ou plutôt plus baroque, comme l’Olympe contemporain où elle est une des nouvelles déesses. Avec ses cheveux dont on voit le rose, ses amies délurées, son CV familial et le parfum de scandale autour de son mystérieux mariage (Selena Gomez hospitalisée en psychiatrie), elle ne peut jouer les saintes-nitouches et reconnaît, amusée, ne pas être la poster-girl idéale pour les religions évangélistes: "Je n’ai pas respecté tous les conseils de la Bible concernant l’alcool ou le sexe avant le mariage. Mais avec ce que j’avais sur mon passe d’accès à la vie, j’ai plutôt été sage."

Elle et ses copines Kardashian considèrent en effet qu’elles ont limité les dégâts familiaux question drogues dures et parties fines. À l’en croire, sa rigueur morale tient pour beaucoup à ses "responsabilités" sur les réseaux sociaux. Ses 15 millions de followers Instagram (souvent plus jeunes qu’elle) ont mérité d’avoir un exemple d’équilibre et de respectabilité néo-new age. "Responsabilité est exactement le bon mot, si vous voulez durer dans l’industrie il y a des règles de représentation à respecter." On ne risque donc pas de voir Hailey voler les bijoux de ses amies ou insulter des réfugiés politiques en guenilles sur le trottoir parisien pour tenter de leur voler leur bébé comme la néandertalienne it-girl Lindsay Lohan.

À 22 ans, Hailey est une fine lame en matière de communication et on peut lui prédire un bel avenir politique et, pourquoi pas, les hautes fonctions à Washington ? Après toutefois avoir donné le jour à cinq petits Bieber. C’était en effet le nombre d’enfants qu’elle annonçait peu avant le mariage à propos de son programme grossesse.

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Pour le moment, les choses paraissent encore fraîches et fragiles entre elle et son jeune conjoint. La gloire de Justin est lourde à porter. En dépit d’une foi solide et partagée (Justin et elle vont à l’église régulièrement), le harcèlement dont ils sont l’objet de la part des stalkers professionnels et amateurs leur met une pression constante. Les fake news s’accumulent sur leur ciel de lit. Le couple va-t-il s’exiler au Canada dans la maison acquise par Justin ? Le contrat de mariage fantôme va-t-il se signer rapidement ? C’est une véritable enchère de questions anxiogènes au rythme d’une dépêche par minute à quoi se livrent les sites d’information people et la presse trash. Hailey semble avoir la tête assez froide pour résister à toutes ces attaques. Sa drogue secrète ? "Deux shots d’expresso en giclée sur une montagne de glaçons" précise le Sunday Times dans un reportage plutôt aimable organisé à l’Hôtel du Cap-Eden-Roc au moment du Festival de Cannes. Plus zen que George Clooney, beaucoup plus soft que les Baldwin seniors, Hailey pourrait, avant de passer présidente à vie des États-Unis, devenir ambassadrice des tisanes 3 Marmottes. Justin a bien de la chance de l’avoir à ses côtés.

Spring in New York featuring Hailey Baldwin in Max Mara Resort 2019

Hailey Baldwin est photographiée par Danny Lowe, stylisme par Vanessa Bellugeon en Max Mara 2019 Resort collectionRetrouvez cet article dans le numéro de Décembre de L'Officiel de la Mode, en kiosques dès le 29 novembre.

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