Woman

Faut-il oser la lunette gadget ?

Longtemps bannie des vestiaires – minimalisme oblige –, la solaire gagdet, plus impertinente que pratique, profite du cinématisme ambiant pour regagner sa place sous le soleil. La preuve par 15.
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Hollywood, 1962 : Sue Lyon, bouche et sucette rouge vif, mythifie la monture cœur sur l’affiche du nouveau film de Stanley Kubrick, Lolita. Plastique pur et dur, couleur vive, forme régressive... La lunette gadget, tombée entre les mains d’une baby-doll de 16 ans, vire du joujou anti-UV à l’objet de culte, loué aujourd’hui encore par une horde de créateurs néo-Rockabilly : Alessandro Michele chez Gucci, Natacha Ramsay-Levi chez Chloé, Christopher Kane... Chacun y va de sa solaire sixties, à porter dans son jus ou hors-contexte, comme chez Gucci, où la veine anachronique de Michele inspire des silhouettes aussi nerd que disco – plateformes et pampilles au menu.

Mais ce sursaut Rockabilly de l’optique n’est rien, comparé à la vague futuriste qui déferle sur un genre en pleine mutation – la mode aura donc fini par se lasser des lunettes mouche et aviateur façon Soixante-huitards sur le retour... ou hippies factices abonnées à Coachella. Ultra-fin, du verre à la branche, fumé et parfois cerné de couleurs flash, le masque à big data de Trinity dans Matrix, porté par les tomboys kawaii de Prada, mais aussi chez Marques Almeida, est donc presque aussi couru que sa version "œil de chat", repérée chez Saint Laurent par Anthony Vaccarello et Celine époque Phoebe Philo. Ou quand les utopies Space Age de la décennie 80 rencontrent le style, bling et un poil maniéré, du Studio 54.

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