Art

Qu'est-ce que le design nomade ?

Créée en 2012, la ligne “Objets nomades” de Louis Vuitton répond, de la plus exclusives des manières, à la question de l’art et du design interprétés par une maison de luxe. Le fil rouge de l’exercice? Le voyage, bien entendu.
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La question du design et du lifestyle dans un univers mode se pose de plus en plus. En effet, quelle maison n’a pas sa ligne de décoration ou de mobilier dédiée, reprenant subtilement les codes de son ADN, transposant les détails d’une robe couture sur un opulent fauteuil, ou le piqué sellier d’un cabas en cuir de buffle sur le rebord d’une table de salle à manger ? Chez Louis Vuitton, on ne parle pas d’accessoires, mais d’“Objets nomades”. Réalisés en édition très limitée, ces jouets pour esthètes reprennent les codes de l’Art du voyage, si chers à la maison malletière française. Le tout imaginé par la fine fleur du design international : d’India MahdaviOki Sato (comprenez le designer japonais de Nendo) en passant par les frères Fernando et Humberto Campana, Marcel Wanders ou Patricia Urquiola, chacun est mandaté par Louis Vuitton pour étendre, année après année, le lexique des “Objets nomades”. Présentée en avril dernier lors du Salon du meuble de Milan, sous les moulures du Palazzo Bocconi, l’édition 2018 mettait en exergue certaines pièces des collections permanentes aussi bien que de nouvelles œuvres qui, à elles seules, tendent à redéfinir la place de la fonction dans le design. Ainsi, le “Hammock” d’Atelier Oï, guest-star de la ligne permanente, retranscrit l’élégance insulaire à travers ses courbes tout cuir et ses volumes faits main.

Entièrement conçu en France à partir de cuir “Nomade” – la fameuse peau tannée qui fait la renommée des gammes voyage de la maison – il exprime la luxueuse fonctionnalité si chère à l’institution parisienne. Du même designer, la “Belt Chair” reprend les bandes de cuir et fermetures utilisées pour la maroquinerie qui, sous l’effet de la tension, se muent en une assise aussi premium qu’aérienne. Le cru 2018 dévoile également son lot de surprises et des créations qui défient la loi de l’apesanteur. À l’image de l’assise “Ribbon Dance”, par Andre Fu, qui exporte le fauteuil dit “confident” dans la plus moderniste des versions. Le dossier et les pieds se confondent, matérialisés par un ruban violacé qui englobe les deux assises ovales, créant une illusion d’optique aussi minimaliste qu’électrique. Mais au-delà des meubles, les accessoires de décoration prennent aussi le pli LV et s’essayent au jeu de la mue de luxe. La “Bell Lamp”, d’Edward Barber et Jay Osgerby, amène la lampe halogène sur un terrain jusqu’alors inexploité : celui de l’objet hybride. Mi-cloche dans sa forme, mi-bouteille dans son allure de contenant, la lampe est entourée d’un carcan de cuir piqué, à l’image de l’iconique “Sac de randonnée” de la maison, et diffuse une lumière ouatée à travers son verre opaque. Le tout, bien entendu, griffé de manière discrète sur le bas. Se réinventer dans l’ameublement et le design, un objectif pour les maisons de luxe aujourd’hui ? Oui, s’il s’agit de redorer le blason de la créativité pure. Et exprimer la grandeur de l’esthétique maison sur des terrains de jeu encore peu ou pas exploités.
 

 

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