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L'oeuvre de Guy Bourdin fait escale à Saint-Barth

Pour le plus grand bonheur des collectionneurs, l’exposition de Guy Bourdin ouvre la saison culturelle à Saint-Barth.
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Guy Bourdin (2 décembre 1928, Paris – 29 mars 1991, Paris) était un artiste et photographe de mode français connu pour ses images provocantes. Il est considéré comme l’un des plus grands photographes de mode et de publicité de la deuxième moitié du xxe siècle et il a préparé le terrain à un nouveau genre de photographie de mode. 

Peintre tout au long de sa vie et photographe autodidacte, il a travaillé pour des magazines tels que Vogue mais aussi pour des marques comme Chanel, Ungaro ou Charles Jourdan. Ses premières photographies ont été exposées à la Galerie 29 en 1952. À ce jour, son œuvre a été exposée dans les musées les plus prestigieux parmi lesquels on compte The Victoria & Albert Museum, le Jeu de Paume, le Musée métropolitain de photographie de Tokyo ou encore la Maison moscovite de la photographie. Ses œuvres font également partie des collections d’institutions renommées comme le MoMA de New York, le Getty Museum de Los Angeles ou le V&A de Londres.

Guy Bourdin a été l’un des premiers artistes à créer des images narratives, qui racontent une histoire et montrent que l’image est plus importante que le produit exposé. Par le biais de la photographie de mode, il a fait passer son message, explorant les sphères entre l’absurde et le sublime. Connu pour ses histoires sugges- tives et son esthétique surréaliste, il est passé outre les conven- tions de la photographie commerciale avec un perfectionnisme à toute épreuve et un humour grinçant. C’est également l’un des précurseurs de la photographie de mode hyperréaliste aux contenus narratifs captivants, compositions tronquées et effets théâtraux produits par une saturation intense des couleurs. Tout en ayant recours à ces procédés, il a avancé l’idée selon laquelle, comparé à l’image, le produit n’est que secondaire. S’il a colla- boré avec Issey Miyake, Chanel ou Emmanuel Ungaro, c’est bien son œuvre pour la marque de chaussures Charles Jourdan qui l’a fait connaître du grand public. Dans le cadre de ces campagnes publicitaires, Guy Bourdin a osé tout juste montrer le produit et faire de la chaussure un élément insignifiant noyé dans une mise en scène théâtrale impliquant sexe et mauvais goût.
Son utilisation du format de la double page de magazine était des plus inventives. Il a adapté ses compositions aux contraintes posées par une page imprimée, autant en termes de concept que de graphisme, et le miroir, élément caracté- ristique de ses photographies, a trouvé son alter ego dans le caractère double du magazine ouvert. Si Guy Bourdin utili- sait d’une part des éléments de composition formels, il cherchait d’autre part à transcender la réalité photographique au travers d’une déformation surréaliste du sujet apparent et d’une manipulation non-conformiste du plan pictural. Auto- risé à faire preuve d’une liberté totale de création et avec une éthique artistique inflexible, Guy Bourdin a capturé l’imagination de toute une génération de la fin des années 1970, période reconnue comme point culminant de sa carrière. 

 

Asmaa Khamlichi, Louise Alexander Gallery et Art Saint- Barth présentent une exposition Guy Bourdin en collaboration avec The Guy Bourdin Estate, au Penthouse Saint-Barth, rue Jeanne-d’Arc, Saint-Barthélemy. www.artsaintbarth.com 

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