Art Basel 2017
Art

Anatomie de la plus grande foire d’art contemporain

Alors que la 48e édition d’Art Basel vient de se terminer, retour sur l’identité de l’événement-phare du calendrier des foires d’art internationales.
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Lorsqu’en 1970 Ernst Beyeler, Balz Hilt, Trudi Bruckner, galeristes à Bâle, décident de s’unir pour poser les jalons d’une foire d’art internationale, pouvaient-ils imaginer l’ampleur qu’au fil des années Art Basel allait revêtir pour se situer, aujourd’hui, en pole position des foires internationales d’art moderne et contemporain ? Façonnant de manière pérenne le monde de l’art et son marché. Déjà, la première édition affichait des chiffres enviables : trente galeries issues de dix pays attiraient 16 000 visiteurs. Cinq ans après, Art Basel atteignait sa vitesse de croisière en accueillant quelque 300 exposants, soit l’équivalent de la moyenne actuelle. Au fil des éditions, sa structure s’élargit et s’enrichit pour faire état de la scène contemporaine et de l’évolution des médiums. Dès 1974, la section New Trends (plus tard rebaptisée Perspective) explore la scène des jeunes artistes. Ainsi, en 1989, à l’occasion du 150e anniversaire de la naissance de la photographie, une quinzaine de galeries spécialisées participent à la foire, la conduisant à devenir l’un des lieux les plus importants de rassemblement et transactions de ce médium. En 1995, l’art vidéo y fait une entrée remarquée : Pipilotti Rist et Enrique Fontanilles sont les premiers lauréats du Video Art Prize décerné par la Swiss Bank, principal partenaire de la foire (aujourd’hui UBS). L’année suivante, la section Statements s’affiche comme plateforme de lancement de “jeunes artistes” – devenus majeurs –, en leur consacrant des expositions personnelles : Kader Attia, Pierre Huyghe, Elisabeth Peyton, Ugo Rondinone, Mariko Mori… En 2002, sous l’impulsion de Sam Keller, son charismatique directeur (2000 à 2007), Art Basel franchit l’Atlantique pour s’établir à Miami Beach et consolider le maillon essentiel entre deux continents, dans ce qui n’était alors que frémissement artistique dans les pays sud-américains (Mexique, Brésil, Colombie, notamment), mais pouvait bénéficier de la présence de grands collectionneurs : les Rubell, Perez, De la Cruz, Cisneros Fontanals, Margulies. Art Basel acteur visionnaire ? Certainement. C’est ce qui a incité Mark Spiegler, directeur depuis 2007, à décliner la foire sur le continent asiatique, en créant à Hong Kong (2013) une manifestation d’abord tenue en mai puis avancée en mars depuis l’édition 2015 (dirigée par Adeline Ooi), afin d’être plus en phase avec le calendrier international et permettre, notamment, aux grandes galeries américaines d’y participer. A Miami Beach, le vent de nouveauté a également soufflé avec l’arrivée à sa direction (2015) de Noah Horowitz (ex-directeur de l’Armory Show). L’une de ses premières initiatives fut la création de la section Survey, permettant aux participants de montrer des œuvres historiques. Au programme de la 15e édition tenue en décembre dernier, 269 galeries internationales.

 

LES 8 SECTEURS D’ART BASEL EN BREF :

• Galleries : 291 parmi les plus importantes galeries internationales d’art moderne et contemporain (17 y participant cette année pour la première fois), présentent les œuvres de plus de 4 000 artistes.

• Statements : 18 projets nouveaux d’artistes émergents, dont deux reçoivent le Baloise Art Prize.

• Feature : 32 projets curatés par les galeries.

• Edition : 15 éditeurs présentent le fruit de leurs collaborations avec des artistes (imprimés, multiples...).

• Unlimited : 76 projets d’ampleur, tous médiums (sculptures et peintures monumentales, performances live, vidéo, vastes installations), sous le commissariat de Gianni Jetzer.

• Magazines : publications d’art du monde entier, présentées en stands collectifs ou dédiés.

• Parcours : sous le commissariat de Samuel Leuenberger, 22 œuvres in situ (sculptures, interventions et performances) sur et autour de l’historique Münsterplatz : Ai Weiwei, Katinka Bock, Pedro Cabrita Reis, Miriam Cahn, Berlinde de Bruyckere, Nathalie Djurberg et Hans Berg, Latifa Echakhch, GCC, Amanda Ross-Ho, Cally Spooner, Rirkrit Tiravanija, Wu Tsang.

• Film : une semaine de programmation de 34 films (sous le commissariat de Maxa Zoller), par et à propos des artistes, projetés au Stadtkino Basel, Klostergasse 5. Au menu de l’édition 2017 : les travaux de John Akomfrah, Kader Attia, Eric Baudelaire, He Xiangyu, Ana Mendieta, Ugo Rondinone et Andy Warhol.
 

Parmi les les 76 projets monumentaux de la section Unlimited... Subodh Gupta (né en 1964) recrée un abri entièrement contitué d’ustensiles en aluminium. Doug Aitken (né en 1968) présente une installation vidéo qui rend compte de ses sculptures immergées au large des côtes californiennes. LaToya Ruby Frazier (née en 1982) a conçu treize pièces qui documentent le site créé dans le désert de Mojave par l’artiste Noah Purifoy. Anicka Yi (née en 1971), a imaginé trois éléments sculpturaux sur piédestal. Barbara Kruger (née en 1945) accroche de ses formules cinglantes pour apostropher les excès des médias, de la politique, de la publicité...

Toutes les informations sur Unlimited à consulter sur : https://www.artbasel.com/basel/the-show#11328

 

Art Basel, 15-18 juin 2017, Bâle, Suisse. Art Basel Miami Beach, 7-10 décembre 2017 ; https://www.artbasel.com/

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