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12 heures en immersion dans les ateliers Lacoste

C'est au coeur d'une petite ville en France qu'est créé le tissu de polo Lacoste. Nous avons pris un après-midi pour visiter les ateliers et en apprendre davantage sur le processus de production des mythiques polos piqués.
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C'est à deux heures au sud-est de Paris, dans la ville de Troyes, que se situe la plus grande des 6 fabriques de la maison Lacoste. Ici, on se concentre sur la production du tissu piqué dans lequel est notamment coupé le mythique polo L.12.12. 

Divisé en différentes étapes (et salles), le processus de production enchante par sa complexité. La première étape est réservée à la fabrication du tissu, un processus qui est essentiel pour Lacoste, car au lieu d'acheter des tissus via un distributeur externe, la société crée ses propres matières premières et s'assure d'avoir les couleurs exactes.

En entrant, tout est semblable à une usine textile. De chaque côté se dressent de multiples machines à tricoter circulaires qui sont couramment utilisés pour les jerseys et piqués de coton. Certaines de ces machines arborent des bobines de fil couleur blanche, tissant une immense fibre cylindrique de plusieurs mètres de long qui va plus tard être peinte selon la palette de couleurs classique (blanc, noir, vert, jaune, orange, rouge, gris, rose, bleu marine et marron) en plus de celle choisie par l'équipe de design pour la nouvelle saison. Selon si la production est unie, si elle est rayée ou à motifs, le processus est différent. Il faut rassembler les tissus de différentes couleurs pour que la machine puisse les coudre ensemble après l'étape du filage. Bien que l'on pourrait penser que la production d'une marque internationalement reconnue serait énorme, dans le cas de Lacoste, l'attention à la qualité et à chaque détail est essentielle. Sur les trente millions d'unités que le groupe produit chaque année, 600 000 sont fabriquées dans les six ateliers en France. Au cours de notre tour, nous apercevons une dame au poste de contrôle d'échantillons examinant un rouleau uni, tandis qu'un autre collègue inspecte un rouleau « rayé », en vous assurant que les mesures de bloc bleu marine sont les mêmes que pour le vert. «S'il y a un défaut dans le tissu, le lot de production est mis au rebut », explique le directeur.

Le tissu passe ensuite le premier contrôle de qualité. Le catalogue des couleurs est vaste, il y a plus de 10 nuances pour chaque couleur, à la manière d'un laboratoire qui effectuerait des tests de teintures pour obtenir la combinaison parfaite. Parallèlement à ce processus, une partie de l'usine est responsable des tests et de l'analyse de lavage du tissu. Autrement dit, si le vêtement est lavé à la main ou à la machine à laver, si on le laisse sécher au soleil, ou on le met dans un sèche-linge. 

A la station suivante, un homme assis derrière un ordinateur calcule les mètres de tissu disponible et combien de polo on pourra couper dans chacun. A partir de ce point, le processus devient plus intéressant. Un groupe de 30 femmes qui ont consacré (la plupart du temps) une vie enitère à la création du polo Lacoste arrive. Assises à des tables différentes, machines à coudre devant elles, chaque groupe a une fonction spécifique duquel dépend le bon déroulé du processus de production. Alors qu'ils écoutent la radio, quelques manches se cousent, d'autres placent colliers, boutons étiquettes, ou le petit crocodile vert sur le côté gauche du vêtement. Si le polo a été commandé par Internet et nécessite processus de personnalisation, une personne est chargée de superviser tous les points de la demande. Lorsque les polos sont terminés, il est temps de vérifier, de repasser et d'emballer pour commencer la distribution. Avec celle-ci et les cinq autres usines dans le pays, la marque cherche à promouvoir le « Made in France » ainsi que la production locale. « Nous respectons le travail. Certaines de ces femmes sont chez Lacoste depuis plus de 30 ans. Elles sont passionnées par leur métier et leur talent est unique ". Pour continuer d'avoir la meilleure main d'oeuvre sur le marché, la maison a créé une école de textile dans les usines de Troyes, recrutant 100 personnes intéressées par l'art de la fabrication. Notre visite se termine après cela. Il est difficile de regarder à nouveau un polo de la même manière. « Lacoste cherche à maintenir un jeu équitable dans leur production, comme René sur les courts de tennis », dit le chef de l'atelier.

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